Le Nouveau Cancérologue Vol. 4, N° 1 – Mars. 2011

//Le Nouveau Cancérologue Vol. 4, N° 1 – Mars. 2011

Le Nouveau Cancérologue Vol. 4, N° 1 – Mars. 2011

Bientôt un guide des RMM pour favoriser les bonnes pratiques en cancérologie
Une des grandes missions du Conseil National de Cancérologie (CNC) est d’instruire en partenariat avec l’Institut National du Cancer (INCa) et la Haute Autorité de santé (HAS) les grands dossiers « des bonnes pratiques en cancérologie ». Dans le cadre de l’évaluation des pratiques médicales, une des premières actions souhaitée par le CNC est d’offrir aux cliniciens une aide méthodologique favorisant leur appropriation de la démarche d’évaluation. L’action prioritaire engagée est la Revue de morbiMorbi-Mortalité (RMM) de cancérologie. Doit-on rappeler qu’une RMM est une analyse collective, rétrospective et systémique de cas marqués par la survenue d’un décès, d’une complication, ou d’un évènement qui aurait pu causer un dommage au patient, la RMM a pour objectif la mise en oeuvre et le suivi d’actions pour améliorer la prise en charge des patients et la sécurité des soins. Les motivations du CNC à s’engager dans la préparation de ces recommandations pour la réalisation des RMM sont de 2 ordres : La première est d’ordre qualitative et répond à la principale mission du CNC déclinée ci-dessus : veiller aux bonnes pratiques en cancérologie. Aussi, la RMM doit être un outil discriminant et pertinent pour optimiser les bonnes pratiques en cancérologie en repérant des évènements indésirables graves ou des évènements porteurs de risque, et en organisant l’élaboration, la diffusion et l’évaluation de mesures correctrices adaptées. L’adhésion à une telle démarche de qualité prend tout son sens dans le contexte actuel de forte mise en avant du rapport bénéfice/risque, liée notamment à l’affaire du Mediator®. Auparavant, la crise sanitaire d’Epinal en radiothérapie avait déjà fortement mobilisé la communauté cancérologique et l’avait mise en ordre de marche, avec le déploiement des Cellules de Retour d’Expériences (CREx). La seconde est d’ordre réglementaire puisque les RMM entrent dans le cadre des critères d’agrément pour les établissements autorisés à pratiquer la cancérologie et sont obligatoires dans le cadre de la certification des établissements de santé. En effet, l’autorisation spécifique délivrée par les Agences Régionales de Santé (ARS) s’appuie, outre l’adéquation aux seuils quantitatifs d’activité, à la mise en oeuvre de mesures de qualité, transversales à toutes les disciplines de cancérologie (dispositif d’annonce, pluridisciplinarité, application de référentiels, accès aux soins de support…), et de critères d’agrément spécifiques à la chirurgie des cancers, à la chimiothérapie et à la radiothérapie dont font partie les réunions pluridisciplinaires de morbi-mortalité. Dans ce cadre, l’INCa a élaboré une check-list permettant aux établissements d’autoévaluer la réalisation des critères d’autorisation. En juin 2010, la synthèse nationale de mise en oeuvre des autorisations de traitement du cancer diffusée par l’INCa et reposant sur les réponses au questionnaire de l’INCa des établissements de santé a été diffusée : elle objective que les RMM sont insuffisamment implémentées car elles seraient effectives pour 67 % des centres pratiquant la chirurgie des cancers et pour seulement 55 % des centres pratiquant la chimiothérapie. A la lumière de ces chiffres basés sur le principe du déclaratif et sur une représentativité non exhaustive, il reste du chemin à parcourir… Gageons sur le guide des RMM pour améliorer ces données. Ce dernier sera une déclinaison des spécificités cancérologiques, il sera en parfaite cohérence avec le guide méthodologique de la HAS qu’il complètera et en aucun cas ne se substituera à lui. Le guide des RMM en cancérologie sera également en symbiose avec le plan Cancer. Il devra pouvoir être utilisé par tous les cancérologues quelle que soit leur activité (diagnostique ou thérapeutique), quel que soit leur mode d’exercice, le type de traitement utilisé (chirurgical, radiothérapique ou médical), quelle que soit la typologie du patient ou le type de tumeur. Ce document se voudra très transversal comme l’est le Conseil National de Cancérologie. Il sera remis en juin 2011 auprès de la HAS et de l’INCa. Sa diffusion sera la plus large possible, assurée par l’INCa, la HAS, le CNC et ses Sociétés constitutives et également par les réseaux de cancérologie régionaux.

Entretien avec Véronique Trillet-Lenoir
Chef du service d’Oncologie Médicale, Centre hospitalier Lyon-Sud, Hospices civils de Lyon, Professeur de Cancérologie à l’Université Claude-Bernard, Lyon I, Présidente du Conseil National de Cancérologie.
veronique.trillet-lenoir@chu-lyon.fr

 

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By | 2018-07-19T13:56:33+00:00 mars 19th, 2011|Categories: publications|0 Comments

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